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REUNION DE CONCERTATION DES MINISTRES CHARGES DU COMMERCE ET DE L'AGRICULTURE DES ETATS MEMBRES DE L'UEMOA SUR LES NEGOCIATIONS POST CANCUN
(Ouagadougou, le 21 novembre 2003)

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DECLARATION 

Nous,

Ministres chargés du Commerce et de l'Agriculture des États membres de l'Union Économique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA),

réunis le 21 novembre 2003, à Ouagadougou, au Burkina Faso, à l'initiative de la Commission de l'Union Économique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA), avons tenu une concertation régionale sur les négociations post Cancun, en vue de définir une stratégie régionale de défense des positions communes de l'Union, dans un esprit de solidarité,

avons adopté la Déclaration qui suit :

Vu la Directive N° 06/2003/CM/UEMOA du 26 juin 2003, relative aux positions communes de négociations des États membres de l'UEMOA pour la Cinquième Conférence Ministérielle de l'OMC à Cancun ;

Vu la Déclaration adoptée le 12 septembre 2003 à Cancun par les Ministres chargés du Commerce des États membres de l'UEMOA sur les questions de Singapour à la Cinquième Conférence Ministérielle de l'OMC ;

Considérant les conclusions de la Cinquième Conférence Ministérielle de l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC) tenue à Cancun, du 10 au 14 septembre 2003, et notamment la décision qui a été prise pour relancer les négociations à la prochaine session du Conseil Général de l'OMC à Genève d'ici le 15 décembre 2003 ;

Considérant que le nouveau cycle de négociations commerciales lancé à Doha, constitue un enjeu important pour les pays en développement et les États membres de l'Union en particulier ;

Considérant que l'initiative sectorielle sur le coton, après avoir suscité beaucoup d'espoir à l'issue de son inscription à l'ordre du jour de la Cinquième Conférence Ministérielle de l'OMC n'a pas connu un heureux dénouement, malgré le caractère stratégique de cette filière pour le développement et la lutte contre la pauvreté dans la plupart des États membres de l'UEMOA ;

Constatant, avec regret, l'absence d'avancées significatives dans la prise en compte des préoccupations des pays en développement et des pays les moins avancés, notamment africains, et la situation actuelle de blocage des négociations sur l'Agenda de Doha pour le Développement ;

Considérant les dispositions des articles 84 et 85 du Traité de l'UEMOA relatives à la mise en œuvre de la politique commerciale commune de l'Union ;

Soucieux d'assurer à cet égard la coordination des positions de négociations des États membres de l'UEMOA sur les questions en discussion au sein de l'OMC après Cancun, en vue de leur participation efficiente et efficace aux négociations et leur insertion au système commercial multilatéral pour tirer pleinement avantage du processus de négociations post Cancun ;

1-) Nous reconnaissons l'importance des négociations qui se tiennent actuellement au sein de l'Organisation Mondiale du Commerce, sur les différentes questions inscrites à l'ordre du jour du prochain Conseil Général à Genève. A cet égard, nous insistons pour que les questions de développement restent la priorité dans les discussions.

2) En raison de la part prépondérante qu'occupe le secteur de l'agriculture dans l'économie des États membres de l'UEMOA, avec près de 70% de la population active, nous estimons que les négociations sur ce thème doivent faire l'objet d'une attention toute particulière des États membres de l'UEMOA. A cet effet, nous réaffirmons que les négociations sur l'agriculture doivent viser à établir un système commercial multilatéral équitable et évoluer vers les objectifs suivants :

- la réduction substantielle des niveaux des droits applicables aux produits agricoles;

- le libre accès de tous les produits agricoles originaires des pays en développement et des pays les moins avancés aux marchés des pays développés ; 

- la réduction substantielle des mesures de soutien interne visant à promouvoir la production agricole et pouvant créer des distorsions sur le marché ; 

- l'examen critique de l'utilisation des mesures de la "boîte verte" et de la "boîte bleue", en vue d'en limiter l'utilisation abusive ; 

- l'élimination des subventions à l'exportation ; 

- l'appui au développement du secteur agricole dans les pays en développement en général et les PMA en particulier.

3-) En ce qui concerne l'initiative sectorielle sur le coton, nous réaffirmons la nécessité de traiter cette question de manière spécifique, en dehors des négociations agricoles.

Nous réaffirmons également la nécessité de trouver des solutions idoines relatives à la mise en place d'un système de réduction des soutiens à la production cotonnière en vue de leur élimination totale.

Nous soulignons l'importance que nous attachons à ce que tout effort de réformes entreprises par les pays qui offrent des subventions à leurs producteurs de coton réponde aux préoccupations des pays africains producteurs et exportateurs nets de coton.

Nous réitérons la demande de prendre des mesures transitoires en faveur des pays en développement africains producteurs de coton, notamment par la mise en place d'un mécanisme de compensation des pertes de revenus liées aux pratiques de subventions des pays développés.

Outre ces actions visant à assainir le fonctionnement du marché mondial du coton, nous réaffirmons notre objectif d'assurer, avec l'appui des partenaires bilatéraux et multilatéraux, la transformation d'au moins 25% du coton produit dans la zone, à l'horizon 2010.

4-) Nous considérons la protection de l'environnement comme un facteur de développement durable ; néanmoins nous sommes préoccupés par l'utilisation abusive des mesures environnementales et toutes mesures normatives à des fins protectionnistes.

5-) S'agissant de l'accès aux marchés pour les produits non agricoles, nous soulignons l'urgence de parvenir à un accord sur les modalités visant la réduction des crêtes tarifaires, la progressivité des droits et l'élimination des obstacles non tarifaires.

6-) Prenant en compte le statut des États membres de l'UEMOA, nous restons favorables au maintien du principe du traitement spécial et différencié en faveur des pays en développement et des PMA et nous proposons l'adoption d'un protocole pour la mise en œuvre effective des engagements pris à ce titre par les pays développés membres de l'OMC.

7-) En ce qui concerne les "questions de Singapour", nous restons solidaires de la position de l'Alliance tripartite Afrique, Caraïbes et Pacifique (ACP), Union Africaine (UA) et Pays les Moins Avancés (PMA), à savoir différer le lancement des négociations sur ces questions et demander aux groupes de travail concernés de continuer leurs travaux de clarification.

8-) S'agissant des discussions sur les aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce, nous saluons la décision obtenue en faveur des préoccupations de santé publique des pays en développement, notamment la possibilité pour ceux d'entre eux qui n'ont pas accès aux médicaments essentiels ou qui ne disposent pas de capacité suffisante de production, à importer ces médicaments sous nom générique en vue de lutter contre les maladies endémiques.

Nous réitérons la reconnaissance et la protection des savoirs traditionnels et du folklore.

9-) Nous restons également préoccupés par les questions de mise en œuvre des Accords issus du Cycle d'Uruguay.

Nous invitons par conséquent les États membres, à prendre toutes les dispositions qui s'imposent pour que ces positions soient défendues par leurs délégations respectives lors de la dite session et aux autres rencontres relatives aux négociations multilatérales.

10-) S'agissant des négociations de l'Accord de Partenariat Économique (APE) entre l'Afrique de l'Ouest et l'Union Européenne, nous réaffirmons la nécessité de la prise en compte de la dimension du développement dans ces négociations, notamment le financement des ajustements de nos économies, le renforcement des capacités et la mise à niveau des entreprises de l'Union. Nous insistons particulièrement sur la mobilisation effective des ressources suffisantes à cet effet.

Enfin, sensibles à l'accueil chaleureux et fraternel ainsi qu'à l'hospitalité généreuse qui nous ont été réservés par les autorités du Burkina Faso, nous exprimons à son Excellence Monsieur Blaise COMPAORE, Président du Faso, au Gouvernement et au Peuple Burkinabé, notre profonde gratitude.

Fait à Ouagadougou, le 21 novembre 2003,

La Réunion ministérielle de concertation sur les négociations post Cancun

Pour la Réunion, Le Président

M. Benoît OUATTARA
Ministre du Commerce, de la Promotion de l'Entreprise et de l'Artisanat du Burkina Faso

 

 

 

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