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COMMUNIQUE DE PRESSE
DE L'UNION
Le Conseil des Ministres de l'Union
s'est réuni en session ordinaire, le 22 décembre 2003, à l'Agence Principale
de la Banque Centrale des États de l'Afrique de l'Ouest, à Lomé, en
République Togolaise, sous la présidence de Monsieur Débaba BALE, Ministre de
l'Économie, des Finances et des Privatisations de la République Togolaise, son
Président en exercice.
Ont également pris part à ces
travaux, le Président de la Commission de l'UEMOA, Monsieur Moussa TOURE, le
Président de la Banque Ouest Africaine de Développement, Monsieur Boni YAYI,
le Vice-Gouverneur de la BCEAO, Monsieur Ali Badjo GAMATIE, et le Président du
Conseil Régional de l'Épargne Publique et des Marchés Financiers, Monsieur
Nani Martin GBEDEY.
Au titre de la BCEAO, le Conseil, à
l'issue de l'examen de la situation monétaire de l'Union au 30 septembre 2003,
a noté que les performances économiques des États membres portent l'empreinte
de la bonne campagne agricole 2003/2004. Ainsi, malgré les effets de la
situation en Côte d1voire, le taux de croissance économique de l'Union en 2003
serait supérieur au niveau enregistré en 2002.
Les Ministres se sont félicités de la
poursuite de la décélération de l'inflation, la hausse des prix à la
consommation s'étant établie en moyenne à 1,8% à fin septembre 2003 contre
3,1 % un an auparavant.
Les membres du Conseil ont relevé la
bonne orientation du profil des agrégats monétaires. Les réserves de change,
en léger repli par rapport au trimestre précédent, couvrent les engagements
monétaires à vue de la Banque Centrale à hauteur de 115,8% à fin septembre
2003.
En application des dispositions de
l'article 7 du Traité constituant l'Union Monétaire Ouest Africaine (UMOA),
les Ministres ont porté à la Présidence du Conseil des Ministres de l'Union,
à compter du le 1er janvier 2004, Monsieur Grégoire LAOUROU, Ministre des
Finances et de l'Économie de la République du Bénin, pour un mandat de deux
ans.
Les Ministres ont, par ailleurs, été
informés des attaques dont certaines Agences de la BCEAO en Côte d'Ivoire ont
fait l'objet ainsi que des mesures prises pour faire échec aux tentatives de
blanchiment des fonds dérobés. Ils ont, à cet égard, exprimé leur soutien
aux Autorités ivoiriennes et au Gouverneur de la BCEAO pour leur gestion
responsable et déterminée de ce dossier sensible et pour les actions
complémentaires qu'ils prendraient dans ce cadre.
Le Conseil des Ministres a pris note de
l'état des relations entre les États membres de l'Union et le Fonds Monétaire
International. A cet égard, il a encouragé les États membres à rétablir ou
à maintenir des relations harmonieuses avec les partenaires au développement,
en mettant un accent particulier sur l'application des mesures arrêtées dans
les programmes économiques et financiers soutenus par cette institution.
Les Ministres ont été informés de
l'état d'avancement du processus d'adoption de la loi uniforme relative à la
lutte contre le blanchiment de capitaux dans les États membres. A ce titre, ils
ont invité les États membres à accélérer l'exécution des diligences en vue
de la transposition de ce texte dans leur ordonnancement juridique interne.
Enfin, le Conseil a pris connaissance
des rapports des Présidents des Comités Nationaux du Crédit pour le
troisième trimestre 2003, ainsi que de l'évolution des transactions
financières de l'Agence Monétaire de l'Afrique de l'Ouest (AMAO) au cours de
la période du le 1er juillet au 30 septembre 2003.
Au titre de la Commission Bancaire de
l'UMOA, le Conseil des Ministres a pris acte des conclusions des travaux de la
cinquante-quatrième session de cet organe, tenue le 11 décembre 2003 au Siège
de la BCEAO à Dakar.
Au titre du Conseil Régional de l'Épargne
Publique et des Marchés Financiers, le Conseil des Ministres a autorisé les
virements de crédits budgétaires relatifs à l'exécution du budget 2003. Il a
également examiné et approuvé le budget de l'exercice 2004.
Par ailleurs, Monsieur Seidou Adamou
MAZOU, Magistrat et Monsieur René EDI, Expert comptable ont été nommés
membres du Conseil Régional pour un mandat de trois ans.
Au titre de la Banque Ouest Africaine
de Développement (BOAD), le Conseil des Ministres a approuvé les Perspectives
Financières Actualisées (PFA) pour le quinquennat 2003-2007 ainsi que la note
sur la concessionnalité des prêts de la BOAD aux États membres de l'UEMOA. A
cet effet, il a invité les États membres et les Institutions de l'Union à
soutenir les efforts entrepris par la BOAD en vue dé son renforcement
institutionnel et financier, notamment à travers le renforcement des ressources
du Fonds de Développement et de Cohésion (FDC/BOAD) qui fera l'objet d'une
table ronde des bailleurs au cours du 1er trimestre 2004.
Le Conseil a également approuvé
l'entrée de l'Inde au capital de la BOAD et a autorisé le Président de cette
institution à finaliser et à signer la Convention de prise de participation
avec ce pays.
S'agissant du dossier relatif à
l'initiative des pays pauvres très endettés (Initiative PPTE), le Conseil a
invité les États membres à poursuivre diligemment la mise en oeuvre des
réformes requises en vue d'atteindre le plus tôt possible le point
d'achèvement et de faciliter la poursuite de la mobilisation par la Banque des
ressources nécessaires au financement de sa participation à l'initiative PPTE.
Par ailleurs, le Conseil a approuvé
les résultats des négociations relatives au projet de développement du
marché financier régional de l'UEMOA.
Enfin, le Conseil des Ministres a pris
connaissance des dossiers inscrits pour information notamment la méthodologie
d'élaboration des comptes du Fonds de Développement et de Cohésion de la BOAD,
le budget d'équipement et de fonctionnement de l'exercice 2004, la situation
des ressources du Fonds de Bonification de la Banque, la note sur l'état du
portefeuille des prêts et participations en faveur du secteur privé et sur
l'état de recouvrement des créances de la BOAD ainsi que le projet de
quatrième ligne de crédit de la DEG à la BOAD.
Au titre de la Commission de l'UEMOA,
le Conseil a adopté plusieurs textes relatifs à la surveillance
multilatérale, à la consolidation du marché commun et aux politiques
sectorielles dans l'Union.
Au titre de la surveillance
multilatérale, le Conseil a examiné le rapport semestriel d'exécution de la
surveillance multilatérale de décembre 2003. Ce rapport analyse l'évolution
de la situation économique et financière récente Il s'attache, en outre, à
apprécier les efforts de convergence des économies nationales, à travers une
analyse de l'évolution des critères de convergence en 2003 et celle des
sentiers décrits pour le moyen terme 2004?2006, à travers les programmes
pluriannuels de convergence, de stabilité, de croissance et de solidarité. Six
États membres à savoir, le Bénin, le Burkina Faso, le Mali, le Niger, le
Sénégal et le Togo ont présenté leur programme pluriannuel.
En 2003, l'activité économique et
financière dans l'Union s'est déroulée dans un environnement international
marqué par la consolidation de l'activité économique mondiale, avec un taux
de croissance de l'économie mondiale estimé à 3,2 %, contre 3,0 % en 2002.
Dans l'Union, en dépit du retard
observé dans la normalisation de la situation socio-politique et dans la
reprise de la coopération avec la Communauté internationale au niveau de
certains États membres, les bonnes conditions climatiques permettent
d'envisager des résultats de l'activité économique meilleurs qu'en 2002, avec
un taux de croissance du produit intérieur brut de 3,0 %, contre 1,3 % en 2002.
Cette performance se réaliserait dans un contexte de maîtrise de l'inflation,
avec un taux annuel moyen de 1,5 %, contre 2,9 % en 2002.
Au niveau des finances publiques,
l'exécution des opérations financières des États se traduirait par une
aggravation du déficit budgétaire global hors dons, qui représenterait 4,7 %
du PIB en 2003, contre 4,2 % en 2002. De même, le déficit budgétaire global
passerait de 2,2 % en 2002, à 2,4 % en 2003. Cette situation s'expliquerait par
la faiblesse des performances en matière de recouvrement des recettes
budgétaires qui enregistreraient un rythme de progression plus faible que celui
des dépenses publiques. Certains États membres de l'Union ont continué de
recourir aux financements exceptionnels, notamment les accumulations
d'arriérés de paiement.
Appréciant l'état de la convergence
dans l'Union en 2003, le Conseil a noté que des efforts importants devraient
être déployés pour accélérer le rythme de convergence, afin de respecter
l'horizon de convergence fixé à fin décembre 2005 et de renforcer ainsi la
stabilité monétaire. Dans ce cadre, il a examiné et adopté les programmes
pluriannuels 2004?2006 du Bénin, du Burkina Faso, du Mali, du Niger, du
Sénégal et du Togo. Le Conseil a formulé également des recommandations à
ces pays, en' vue de conforter leur programme. Enfin, il a invité la Côte
d1voire et la Guinée?Bissau à transmettre leur programme pluriannuel à la
Commission, au plus tard le 21 janvier 2004.
Le Conseil a marqué une attention
particulière sur le fait que la situation des finances publiques reste toujours
marquée par le poids de la dette. Face à cette contrainte, seul un traitement
de fond dans le cadre de l'Initiative en faveur des Pays Pauvres Très Endettés
(PPTE), permettra d'alléger le fardeau de la dette et de promouvoir une
croissance économique soutenue et durable.
Dans ce sens, le Conseil a félicité
les États membres qui ont atteint le point d'achèvement de ladite initiative
et exhorté les autres à lever, dans les meilleurs délais, les contraintes
bloquant leur accès à ce stade du mécanisme d'allègement de la dette,
notamment l'accélération de la mise en oeuvre des réformes structurelles,
ainsi que l'élaboration des Documents de Stratégie de Réduction de la
Pauvreté (DSRP) finaux. Par ailleurs, il a invité l'ensemble des États
membres à intensifier les actions visant l'assainissement des finances
publiques.
Au titre de la consolidation du marché
commun, le Conseil des Ministres a adopté un Règlement modifiant le Règlement
n°03/99/CM/UEMOA du 25 mars 1999 portant adoption de la Taxe Dégressive de
Protection (TDP)
Le texte adopté par le Conseil reporte
au 31 décembre 2005 la date d'expiration de la TDP. Ce report sera mis à
profit pour finaliser les études relatives à l'évaluation du dispositif de
taxation complémentaire de l'Union.
En ce qui concerne les politiques
sectorielles, le Conseil a adopté un Règlement portant Code Minier
Communautaire et deux Décisions relatives au Programme d'actions pour le
financement des Petites et Moyennes Entreprises (PME) et à l'Agenda pour la
compétitivité de la filière coton-textile dans l'UEMOA.
Le Code Minier Communautaire adopté
par le Conseil, s'inscrit dans le cadre de la Politique Minière Commune de
l'UEMOA (PMC), adoptée le 14 décembre 2000 par la Conférence des Chefs d'Etat
et de Gouvernement. Il tend à harmoniser les cadres réglementaires nationaux
des activités minières. Le Conseil s'est réjoui de la finalisation du texte
qui constitue un instrument adapté aux réalités de l'Union, ainsi qu'aux
exigences et aux pratiques internationales. Il s'est félicité des perspectives
nouvelles qui s'offriront à l'investissement minier dans la sous?région,
grâce à la mise en place d'un cadre réglementaire rationalisé et aligné sur
les standards internationaux.
Au titre de la promotion et du
financement des Petites et Moyennes Entreprises (PME), le Conseil a examiné et
adopté le Programme d'actions pour la promotion et le financement des Petites
et Moyennes Entreprises dans L'UEMOA
Le Conseil s'est réjoui du processus
participatif qui a guidé la préparation de ce programme d'actions et a soutenu
l'ambition qui y est attachée, à savoir l'émergence de PME fortes et
compétitives dans l'UEMOA.
Il a noté avec satisfaction les
objectifs poursuivis par ce programme qui s'articule autour des axes
stratégiques ci-après :
1) mise en place d'un environnement
global incitatif et cohérent pour la PME, notamment par la valorisation du
statut d'entrepreneur et le soutien aux PME ;
2) mise en place d'un dispositif
d'appui direct pour la PME, cohérent et adapté à ses besoins
3) création d'un environnement
financier, de structures, d'outils et d'instruments de financement adaptés à
la PME.
Le Conseil a souligné l'urgence de la
mise en oeuvre du Programme d'actions qui devrait permettre d'engager une
dynamique et un processus de mise en cohérence des politiques nationales,
autour des orientations et objectifs susmentionnés. Cette approche participe
également de la construction d'un marché commun compétitif de l'UEMOA. En
outre le Conseil a approuvé l'institution d'un comité de suivi de la mise en
oeuvre du Programme, regroupant les représentants des États, de la Commission,
de la BOAD, de la BCEAO, de la Chambre Consulaire Régionale et des partenaires
au développement désireux de contribuer à la réalisation du Programme. Le
Comité de suivi devra rendre compte, au moins une fois l'an, au Conseil des
Ministres, de l'exécution du Programme.
Le Conseil a invité les
Administrations concernées des États membres et les institutions
communautaires de l'UEMOA, ainsi que les acteurs et intervenants à soutenir et
à réaliser, chacun en ce qui le concerne, les actions du Programme relevant de
leurs compétences respectives.
Au titre des actions entrant dans le
cadre du développement de la filière coton dans les pays de l'UEMOA, le
Conseil a adopté un agenda pour la compétitivité de la filière coton?textile
dans l'UEMOA qui s'articule autour des axes suivants :
- la création d'un Fonds régional
de promotion de la production du coton et d'incitation à la transformation
locale de la fibre ;
- la mise en place d'un Fonds
régional d'investissement pour le développement de l'industrie textile de
l'UEMOA;
- le lancement d'une concertation
sectorielle autour de l'ensemble des actions à mettre en oeuvre pour la
compétitivité de la filière ;
- l'élaboration et la mise en oeuvre
d'un programme régional de formation aux métiers du textile ,
- la mise en place d'un dispositif
régional de centres techniques textiles
- le lancement d'une campagne active
et de promotion d'un agenda dont la mise en oeuvre suppose la mobilisation de
tous les acteurs : les pouvoirs publics, les institutions régionales et
internationales, les investisseurs internationaux et les opérateurs
économiques privés.
Cet agenda doit contribuer à sortir la
filière coton de la crise qui la secoue depuis quelques années.
Le Conseil a également approuvé la
création d'un comité de suivi de la mise en oeuvre de l'agenda regroupant les
représentants des États, de la Commission, de la BOAD, de la BCEAO, de la
Chambre Consulaire Régionale et des partenaires au développement désireux de
contribuer à la réalisation de l'agenda. Le Comité de suivi devra rendre
compte au moins une fois l'an au Conseil des Ministres de la mise en oeuvre de
l'agenda.
Le Conseil a invité les
administrations concernées des États membres et les Institutions
communautaires de L'UEMOA, ainsi que les acteurs et intervenants à soutenir et
à réaliser, chacun en ce qui le concerne, les actions de l'agenda relevant de
leurs compétences respectives.
S'agissant de la vie institutionnelle
de l'Union, le Conseil des Ministres a décidé de la création d'un Comité
tripartite composé de la Commission de l'UEMOA, de la BCEAO et de la BOAD, sous
la présidence du Président de la Commission de l'UEMOA. Ce Comité tripartite
sera chargé d'élaborer et de lui soumettre à sa session extraordinaire du 08
janvier 2004, un projet de feuille de route pour la fusion des Traités de l'UMOA
et de l'UEMOA, conformément aux recommandations des Premiers Ministres des États
membres, au cours de leur réunion du 28 novembre 2003.
Ce projet de feuille de route,
approuvé par le Conseil sera ensuite soumis à l'appréciation de la
Conférence des Chefs d'Etat et de Gouvernement de l'UEMOA, lors de son prochain
Sommet prévu à Niamey.
Les Ministres, très
sensibles à l'accueil chaleureux et fraternel qui leur a été réservé durant
leur séjour au Togo, expriment à son Excellence, Gnassingbé EYADEMA,
Président de la République, au Gouvernement ainsi qu'au peuple togolais, leur
profonde gratitude.
Fait à Lomé, le
22 décembre 2003
Le Président du
Conseil des Ministres,
Débaba BALE
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